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Le meilleur sandwich du monde existe, il est à New York (et c’est moi qui l’ait inventé)

Rien que ça…

Quand j’en aurais dévoilé la recette, beaucoup d’entre vous auront sans doute envie de me donner des coups de pied dans les tibias en disant « Han, Marie, tu nous as floués ! Tu nous as promis monts et merveilles pour au final nous trahir de la sorte ». C’est un risque que je suis prête à prendre.

Mais d’abord, et pour faire durer le suspense, laissez-moi vous conter la genèse de cette invention qui est sur le point de révolutionner la gastronomie mondiale :

Le meilleur sandwich du monde : comment tout à commencé

*Voix chevrotante de mamie qui radote*

 

Mamie Marie quand elle s’apprête à radoter.
Photo by Cristian Newman

« Tu sais mon petit, lorsque nous sommes arrivés à New-York avec Mich, on a été éblouis. C’est vrai que c’était impressionnant toute cette nourriture partout, tout le temps ! Décadente. On arrivait de France où la gastronomie est à prendre au sérieux et où l’on pourfend (avec raison) la malbouffe, alors nous retrouver devant tout ce choix de comfort food, c’était un peu comme si on avait lâché deux gosses affamés dans un magasin de bonbons : le carnage. D’abord ils engouffrent tout ce qui leur passe sous la main, et ensuite ils sont malades. »

(Et c’est la que je vais reprendre ma voix normale voulez-vous, sinon je vais finir cet article sonnant comme une tronçonneuse en fin de vie.)

Sans en arriver à nous rendre malades non plus (encore que…), au bout de huit jours aux USA, non seulement on était dans l’état dessiné ci-dessous, mais en plus, j’aurais pu tuer pour une feuille de salade verte. La pizza, les nachos, les burgers, les frites à la mayonnaise (fut-elle à la truffe) et autres popcorns aux mille parfums, quand on a été habituée à ses 12 fruits et légumes par jour, ça a ses limites. Si, j’vous jure.

Problème : dans les supermarchés, impossible de mettre la main sur un légume qui remplisse, même dans le désordre, toutes les conditions suivantes :

  1. Ne pas coûter pas une couille
  2. Être de saison
  3. Ne pas venir de l’autre bout du continent
  4. Ne pas être à moitié pourri.

Tout ce qu’on avait pu acheter à l’Ideal Market à trois blocs de chez nous, c’était : du riz et des haricots rouges (pour se caler), des « buns » (en bon français, on dit « miches », mais en anglais ça a tout de même plus de classe) de pain pas terrible pour les sandwichs du midi (et très sucré. Y’a pas à tortiller, les seuls à faire du bon pain, c’est nous. Cocorico), des flocons d’avoine pour le petit-déjeuner, des petits pois surgelés, des ramens (nourrissant et pas cher, nous avons beaucoup vécu de ramens améliorés au cours de nos trois mois en terres américaines) (je ferai peut-être un autre billet sur « comment améliorer des ramens pour ne pas avoir l’impression de manger de la saloperie » un jour) et, BIEN SUR, les deux aliments américains par-dessus tout : le beurre de cacahuète (ou « peanut butter » pour les bilingues) et le « cream cheese » Philadelphia, un genre de St Môret qui n’a pas grand intérêt gustatif mais qui était la seule chose ressemblant à du fromage que nous avions réussi à trouver. Ah, et du blanc de poulet sous vide aussi.

Autant vous dire que les sandwichs du midi n’étaient pas fifous : un bun coupé en deux avec du beurre de cacahuète d’un côté et du Philadelphia de l’autre. On a vu mieux pour soutenir le moral des troupes.

Photo by Monika Grabkowska.
Les sandwichs de nos premiers jours en terre Américaine ressemblaient à ça. C’est bon, mais ça va 5 minutes.

Heureusement, soit par miracle, soit que le dieu des épinards ait entendu notre appel, au début de notre deuxième semaine en ville, nous sommes tombés par hasard sur le marché de producteurs qui se tient en bas de l’immeuble de Barnes and Noble, la célèbre librairie new-yorkaise sur Union Square (où j’ai sacrément zoné durant un mois, permettez-moi de vous le dire. Mais c’est une autre histoire et nous y reviendrons dans un autre article).

Et là, après 8 jours de régime « muffin-bière-cheesecake » (j’aime manger équilibré), les pommes, courges, tomates et autres betteraves ne m’ont jamais paru aussi alléchantes. Du coup, on a fait une razzia avec les sous qu’on avait sur nous à ce moment-là. On a acheté environ tout ce qui était vert et feuillu : des oignons bottes, du fenouil, des carottes, des tomates, des radis, de la salade…

Une orgie de chlorophylle (bien méritée). Ça nous a couté un rein, mais ça valait le coup.

Sur la même place, dans un magasin de bobos-bios appelé Whole food, on a aussi trouvé du vrai pain pour sandwichs. Vous savez, le pain de mie carré qu’en France on appelle « Américain » et qu’à New York, en vrai, c’est super dur de trouver. Pour faire bonne mesure, on l’a même pris aux 7 céréales avec des graines et tout.

Nous sommes rentrés à l’appart avec le sac à dos bourrés de légumes, les fanes des carottes flottant fièrement au vent du métro, tel un étendard potager au pays de la friture et du sucre. On s’est fait plaisir : le soir même, ça a été repas végétarien : du riz, de la courge, des petits légumes et même une SALADE en entrée.

La joie dans nos estomacs (et dans notre cholestérol).

Joie qui s’est poursuivie le lendemain matin à l’heure de faire les sandwichs.

Et c’est là que le miracle s’est produit.

Je vous en parle tout de suite après mais d’abord, brève explication.

Mais pourquoi donc qu’on se faisait donc des sandwichs ? (dis donc ?)

Un sandwich, du vert… Tout ce que vous aurez envie de manger après 8 jours de régime à base de gras frit.
Photo by Alexandra Golovac

Depuis le début de cet article, je vous rebats les oreilles avec « les sandwichs du midi, les sandwichs du midi ». « MAIS QUELS SANDWICHS DU MIDI BORDEL DE DIEU ?! » êtes-vous sans doute en train de hurler, démunis, face à votre écran, perdant tout self-control devant le manque de respect criant dont je suis en train de faire preuve envers mes lecteurs.

J’y viens, j’y viens, pas la peine de vous énerver.

C’est tout simple en plus, pas de quoi en faire un fromage. Ralala vraiment, vous alors…

Il se trouve que l’appartement que nous avions loué sur AirBnB était à Brooklyn. Hyper bien placé à 10 minutes à pied d’une bouche de métro, mais quand même : pour rejoindre Manhattan, on mettait facile une heure. Du coup, en pleine journée, pas question de rentrer à l’appart pour casser la graine. Et pas question non plus de claquer 10$ par personne – voir plus ! – chaque midi dans un menu géant dans le premier fast food dégueu qu’on trouverait. Alors où qu’on soit, quand se pointait la dalle, on dégainait le sandwich (bon, les premiers jours, faut admettre qu’à cause de la fatigue, du décalage horaire, de la chaleur et de l’excitation de la découverte, pour moi la faim ne venait qu’aux alentours de 17h. Mich avait déjà rongé la semelle de ses chaussures et s’apprêtait à s’attaquer aux miennes).

Enfin le sandwich…Que dis-je, le Saint-Graal de la street food ! Et comme je suis une meuf sympa (et que je fais durer le suspense depuis tout à l’heure), je m’en vais derechef en partager la recette avec vous.

De rien, vous me remercierez plus tard, quand vous aurez joui des papilles.

Meilleur sandwich du monde : la recette, ENFIN !

Photo by Wilfred Wong.
Malheureusement, je n’ai pas pensé à prendre de photo de cette merveille. Il faudra donc vous contenter de celle-ci, qui lui ressemble vaguement.

Alors pour préparer le meilleur sandwich du monde, vous avez besoin :


  • De 2 tranches de pain de mie aux 7 céréales (la base)
  • De beurre de cacahuète, lisse ou avec morceaux, c’est vous qui choiz’. Je suis pas sectaire.
  • De blanc de poulet sous vide en tranches
  • D’une botte d’oignons verts
  • De fromage frais type Philadelphia
  • Et enfin, de l’ingrédient mystère : un bulbe de fenouil cru.
  • Ingrédient bonus si vous voyagez en binôme : une personne qui mange la même chose que vous car vous allez *un peu* puer de la gueule après, rapport à l’oignon.

Les étapes :

  1. Tartinez une tranche de pain de mie avec le beurre de cacahuète
  2. Tartinez l’autre tranche avec du Philadelphia
  3. Hachez menu-menu-menu un peu de fenouil
  4. Faites pareil avec une tige d’oignon vert
  5. Disposez sur l’une des tranche de pain le fenouil puis une tranche de blanc de poulet puis l’oignon vert.
  6. Fermez le sandwich.
  7. Mangez-le quand vous avez faim.
  8. Roulez une galoche à votre conjoint, ravi de tous les arômes.

ATTENDEZ UN PEU AVANT DE BALANCER LES COUPS DE PIEDS !

Alors je sais, je SAIS ! Le fenouil est un aliment polémique. Pour beaucoup d’entre vous, il s’agit d’un légume du diable. Mais je vous assure, il est essentiel dans la recette. Ne la tentez pas sans lui car alors, votre sandwich (qui est le meilleur du monde) deviendrait aussi boiteux qu’un canard malade. En effet, c’est bel et bien grâce au fenouil que ce sandwich atteint les sphères du céleste et le parfait équilibre des goûts et des textures : frais et onctueux, craquant et mou, vert et sucré, humide et sec, léger et nourrissant, moelleux et croustillant.

Il est PAR-FAIT je vous dis.

C’est LE sandwich New-Yorkais.

Avec lui, vous pourrez aller au MET et manger sur ses célèbres marches pendant que vous vous remettez des merveilles que vous venez de voir.

Vous pourrez marcher dans le Village et le dévorer pendant que vous faites la route entre le perron de Carrie Bradshaw et l’appartement de Friends.

Sur cette photo, Mich (bien caché) est effectivement en train de bouloter son petit sandwich sur le chemin de chez Carrie.

Vous pourrez faire une pause dans votre boulot à la New York Public Library et le manger assis sur la fontaine en contemplant Patience et Fortitude, les deux lions qui en gardent l’entrée.

Patience. Ou Fortitude je ne sais plus. En tout cas, c’est l’un des deux.

L’essayer, c’est l’adopter.

Et moi je vous laisse ici, parce que ce que j’avais prévu de vous écrire, c’était un billet très rapide pour vous donner une recette sympa. Au lieu de ça, j’ai tapé 1500 mots sur un sandwich (mais quel sandwich !), alors ça suffit.

Sur ce, je vous embrasse, et comme on dit aux Etats-Unis :

« Don’t yuck my yum » ce qui, en français peut se traduire par :

« Ne beurk pas mon miam« .

Et testez cette recette bon sang de bon soir ! (tut tut tut. Il n’y a pas de « gnagnagna j’aime pas le fenouil. Tu goûtes d’abord, jeune effronté!)

Marie B.

PS : n’oubliez pas de me dire si vous testez la recette, et surtout si vous l’aimez ! A la réflexion dites-moi aussi si vous n’aimez pas ! On échangera et je vous expliquerai pourquoi vous avez tort.

Bisous again.

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8 Comments
  • Lucy
    janvier 28, 2019

    Super article ! Contente de te lire aussi régulièrement.
    Sinon, parlons des choses qui fâchent. Le fenouil, OK. Mais poulet/beurre de cacahuètes ? Qu’as-tu à dire pour ta défense ?

    • mademoisellebambelle
      janvier 28, 2019

      Hahaha ! J’ai éclaté de rire en lisant ta dernière phrase !
      Et bien votre Honneur, pour ma défense, je répondrais que de nombreuses cultures mangent du poulet avec des cacahuètes. En Thaïlande, en Afrique dans le mafé et même ici au Pérou. Du coup je me suis dit que ça ne devait pas être mauvais et j’ai testé. Réussite totale ! Ca remplace assez bien la mayo dans le sandwich.

  • Agdel
    janvier 28, 2019

    Je teste sur mon fiston qui DÉTESTE le fenouil et je te dis si ça a marché !
    NB : avec du saumon fumé à la place du poulet, ce doit être divin.
    NB2 : une semaine à l’hôpital m’avait fait le même effet (riz, pâtes, pommes de terre sous toutes leurs formes, avec des entrées à base de taboulé, friands et tomates pas mûres et servies glacées — en
    décembre ! —, ou des potages tellement salés que je calais au bout d’une cuillère. Le soir où l’on m’a servi des épinards, j’ai pleuré de joie)

    • mademoisellebambelle
      janvier 28, 2019

      Ah super ! Il faut bien le découper fin fin fin et ne pas en mettre trop. Sinon, en trop gros morceaux, le goût du fenouil prend le dessus sur tout le reste. et ce n’est pas le but. J’ai hâte de savoir si ton fils a aimé !
      Tu me diras pour le saumon fumé, parce que moi je n’aime pas du tout le poisson.

  • Val Lao sur la Colline
    janvier 30, 2019

    Sans doute ai-je tort, donc, mais je déteste le beurre de cacahuète. Je suis mariée à un Néerlandais qui lui, a grandi avec le beurre de cacahuète en héritage, mais pour moi c’est no way. Chacun sa croix, quoi.

    • mademoisellebambelle
      janvier 30, 2019

      Haha, je suis sûre qu’il mangeait de la Dakatine ! Moi aussi j’ai été biberonnée avec depuis petite et je m’en sers très souvent, c’est un basique de mon placard à épices. Après je ne te blâme pas, il y a des choses que j’ai beau goûter, goûter et re-goûter, ça ne passe pas. Le poisson et les fruits de mers en font partie. Ma croix à moi 😉

  • Fanchette
    février 1, 2019

    Pas de poisson ni de fruit de mer : la vache ça a du être dur à Ouessant ?
    Moi c’est le poulet en tranche qui ne me dit rien qui vaille. A part ça chaque ingrédient en soi me semble ok mais j’ai aussi du mal avec l’association… bon on dit que la prochaine fois que je vais à NY plus d’une semaine le temps de me bâfrer de muffins-cheesecake et friture en tout genre, j’essaye Ok ?
    Signé
    La fille qu’a jamais mis les pied à NY

    • mademoisellebambelle
      février 1, 2019

      Oh bah tu sais, j’ai trouvé des techniques d’évitement haha, j’ai une longue expérience maintenant ! Plus sérieusement, c’est une des grandes déceptions de ma vie. Je vois le plaisir que les gens ont à manger du poisson, des huitres, des crevettes et toutes ces sortes de choses… Et moi, j’ai beau goûter, goûter et re-goûter, c’est toujours le même dégoût.
      Et figure toi que ton commentaire me fait réaliser que je n’ai mangé AUCUN cheesecake quand j’étais là bas ! QUEL SCANDALE ! (par contre des muffins banane-noix-maïs, à la pelle. Un délice.)

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